S2 – épisode 7

La Faim justifie les moyens

Dès que le visage humide de Tony se présentait à son esprit, Vincent le remplaçait progressivement par une tâche lumineuse qui grossissait, grossissait jusqu’à aspirer tout le reste. Son champ de vision n’était plus que lumière. Un halo blanc, éblouissant, vaporeux.

Il ne parvenait plus à rester debout. Edna lui avait dit que c’était normal, que c’était le seul moyen de parvenir à l’étape 1. Il restait donc alité toute la journée en se nourrissant exclusivement de graines et de bouillon de poule. Il avait perdu une dizaine de kilos depuis le début du traitement. Toute sa musculature avait fondu. Il avait plus ou moins réussi à cacher sa maigreur naissante à Tony en refusant tout contact physique depuis deux mois jusqu’au jour où Tony, excédé, avait ouvert la porte de la salle de bain pendant que Vincent se douchait. Horrifié, Tony n’avait rien dit. Il s’était contenté de refermer la porte très lentement. S’en était suivi la dispute de trop, celle qui avait convaincu Vincent de partir.

Désormais, il ne sentait quasiment plus les crampes d’estomac dues à la faim. Il se sentait fier pour la première fois de sa vie. Il se réalisait en tant qu’être de lumière, il atteindrait la Chambre et comprendrait enfin le sens de la vie.

L’endroit où il gisait était sale, personne n’avait la force de nettoyer. Le sol était jonché de moutons de poussière, des matelas sans draps se côtoyaient dans une pièce-dortoir. Ils étaient cinq ou six comme Vincent. Ils ne se parlaient pas, ils méditaient intérieurement, les yeux caves. Seule Edna tenait debout. C’était une femme sans âge, petite, osseuse au crâne rasé (ou avait-elle perdu ses cheveux ?). Elle avait une énergie pondérée, une voix douce et apaisante. Elle prenait en charge les prières collectives et motivait les patients. Elle s’agenouillait auprès d’eux et leur susurrait à l’oreille des paroles de lumière, elle exprimait son bonheur, loin des contingences brutales de l’homme moderne. Edna était leur modèle, leur guide. Personne ne savait si elle avait accès à la Chambre. Elle en parlait en termes évasifs et répondait à leurs questions sur le sujet avec un léger signe de tête qui signifiait : « ce n’est encore le moment, l’impatience te tuera. La lumière te pénètre et la lumière est la clé de la Chambre. »

Vincent patientait donc en éliminant heures après heures toutes les impuretés mentales et physiques qui avait pourri son âme pendant près de trente ans. Il se sentait léger, de plus en plus léger.

 ***

David avait rapidement pris ses marques dans l’appartement de Julia et Tilly. Il se saisit d’un mug et se prépara un café instantané.

– Vous ne devriez pas mettre de perruque.

Maslowski haussa les sourcils.

– C’est à moi que tu t’adresses ?

David haussa les épaules.

– C’est tendance les vieilles au crâne rasé.

– Comme tes tatouages ?

– Vous n’aimez pas.

– Je trouve ça vulgaire. (c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité quand on connait le goût plus que douteux de Maslo)

Il s’en foutait visiblement. Tilly ne savait plus où se mettre et continuait de fixer par réflexe le renflement imposant de l’entrejambe de David.

Maslowski s’en rendait compte, elle passait des yeux de Tilly au paquet de David, au paquet de David aux yeux de Tilly. Elle décida de s’éclipser. Elle comprit soudain qu’une tension d’ordre hormonale montait sous ses yeux, tension à laquelle elle n’avait aucune intention d’assister.

– Bon les lapins tatoués ou non, je m’en vais faire une lessive… Tilly, au besoin, tu sais où me trouver…

Tilly acquiesça. David lança un vague signe de tête en direction de la voisine puis se retourna vers Tilly :

– On s’y met ?

– On s’y met à quoi ?

– On a du taf, Francine, ma bite tout ça !

– Ah oui oui bien sûr.

Il la considéra un moment.

– Tourne-toi un peu pour voir.

Elle hésita les sourcils arqués et s’exécuta.

– T’es hyper intéressante comme corps !

– Tu trouves ?, s’étrangla-t-elle.

– Ben ouais tu es complètement disproportionnée.

Elle s’étrangla encore plus en suant à grosses gouttes.

– Tu veux pas enlever tes fringues ?

– Quoi !

– Mets toi à poil, ya un truc à faire avec Francine, ma bite et toi !

– Mais non, je…

Elle n’avait jamais montré son corps en pleine lumière.

– J’en ai vu d’autres, fais pas ta timide ! Allez exécution !

– David, je dois t’avouer que…

– Je me fous de tes aveux de pucelle, mets-toi à poil un point c’est tout ! Je me retourne dans vingt secondes, tu es nue et je te regarde ! C’est parti ! 1, 2

Elle tremblait de la tête aux pieds. Elle retira son sweat à capuche, puis

3, 4,

Ses chaussettes.

5, 6, 7

Elle ôta son informe T-shirt à manches longues.

8, 9, 10

Son jogging gris

11, 12, 13

Elle dégrafa son soutien-gorge bonnet A.

14, 15, 16, 17, 18, 19

Et enfin sa culotte en coton taille 44.

20 !

– Putain ! s’exclama David en se retournant.

Par réflexe, elle cacha ses seins et son sexe.

– Quoi ?

– Tu es divine ! T’as vu ta peau, je touche !

Il parcourut tout le corps de Tilly, de la nuque aux pieds, il tâta ses bras, son ventre, ses seins, ses aréoles rosés, ses cuisses, ses fesses, ses mollets avec un air d’admiration béat.

– C’est du lait ta peau ! C’est incroyable !

Elle frissonnait en sentant une chaleur diffuse se propager dans tout son corps.

– j’ai envie de te goûter !

Il s’agenouilla et approcha sa bouche de son ventre. Il lapa le contour de son nombril. Elle n’en revenait pas. Il l’appuya contre le plan de travail en poussant sur ses cuisses, elle apposa ses mains sur la planche de bois en se cambrant légèrement. Il lui écarta les jambes et sa langue continua de laper, laper plus bas, laper plus vite, encore et toujours au très bon endroit. Tilly geignait et rougissait de plus belle. A un moment, elle eut un « oh » très discret et frémit de la tête aux pieds. Elle comprit enfin ce qu’était un orgasme.

LA SUITE

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2 Réponses to “S2 – épisode 7”

  1. Bob the strange 18 septembre 2011 à 12:44 #

    http://www.tilly.at/tilly/fr/
    Bienvenue chez TILLY !
    Un produit naturel aux
    qualités surprenantes!………….Tu l’as dit !

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