S2 – épisode 3

Je suis venu te dire que je m’en vais…

– Je ne sais plus comment te parler Tony.

– Mais je t’écoute, je ne fais que ça, t’écouter, t’écouter mais je ne comprends rien !

– Arrête de le prendre comme ça… Tu me fatigues à faire ta diva…

– Moi je fais ma diva, moi je fais ma diva ! Non mais tu t’entends parler ? En terme de diva, je pense que je tout appris de toi !

– Tony… Arrête de gueuler maintenant, c’est pas la fin du monde quand même.

Tony sentait piquer ses yeux, il ne fallait pas qu’il pleure, surtout pas. Bien sûr, plus il se disait ça, plus son envie montait. Il enrageait. Vincent ne le regardait pas, il avait l’air complètement blasé.

La situation s’était gentiment dégradée entre eux depuis deux ou trois mois. Tony avait assisté, impuissant, à l’éloignement progressif de son amoureux. Pourtant leur histoire d’amour – qui a avait commencé dans les circonstances qu’on connait – avait semblé solide et durable. Tony ne comprenait pas ce qui avait pu se passer. Vincent était devenu fuyant, irritable, voire violent, en tout cas verbalement. Il reprochait sans cesse à Tony de ne pas le comprendre. Ce dernier avait pourtant fait beaucoup d’efforts, s’était rendu disponible mais rien ne semblait satisfaire Vincent. Tony avait échafaudé toutes sortes de scénarios connaissant le donjuanisme de son ex meilleur ami devenu amant. Mais cette parano n’avait mené à rien. Vincent lui avait assuré qu’il était toujours amoureux de lui, cependant il continuait de s’éloigner inexorablement au grand désespoir de Tony. L’incompréhension avait fait place à la colère et maintenant à la souffrance.

Ils se retrouvaient face à face dans la chambre de Tony. Vincent avait préparé un large sac de voyage et venait d’annoncer à Tony qu’il partait de Lyon pour une durée indéterminée.

Voyant Tony, les larmes au bord des yeux, Vincent s’approcha de lui et avec un ton moins tranchant :

– Ecoute babe, c’est pas contre toi, c’est pas contre nous, je ne te quitte pas, je pars seulement d’ici pour un moment.

– Mais Vincent, je ne comprends plus. Tu as d’abord démissionné de ton poste à la Fac, depuis quelques temps tu ne veux plus voir personne, tu te coupes complètement du monde et maintenant tu pars ? Qu’est-ce qui te prend ?

– C’est une nécessité, c’est comme ça, je sens que je dois le faire.

– Tu vas aller où ?

– J’en sais rien encore, je verrais.

Tony le connaissait suffisamment pour savoir que, sur ce point, Vincent mentait.

– Vincent, me laisse pas comme ça, quelque chose s’est passé ? Explique-moi !

– Putain Tony, tu me fais chier maintenant, on n’est pas mariés, je te dois rien, je pars c’est tout. Je reviendrai, ça te va là !

Cet accès de colère eut raison de la résistance de Tony qui laissa cette fois ses larmes couler.

Vincent…

Vincent soupira lourdement, excédé, prit son sac sur son épaule et quitta la pièce. Tony était trop effondré pour le suivre. Il entendit la porte de son appartement claquer. Le bruit résonna dans son cœur un bon moment.

Quand il avait enfin eu la force d’appeler Julia, elle avait pris les choses en main :

– Ecoute mec, je pars à New York demain, je te file ma piaule. Tu restes avec Tilly. Elle ne part en vacances qu’à la fin de la semaine je sais pas où dans le sud. De mon côté, j’essaye d’appeler Vincent pour comprendre le bordel, je te tiens au jus ! Ce soir, tu sors, tu te bourres la gueule et tu oublies ces conneries. Ça va s’arranger, je te le promets !

– Merci Julia, je te revaudrai ça…

– Tais-toi et bois !

Il avait bon an mal an suivi ces conseils. Il s’était recomposé un visage, bu pas mal de vodka et était parti à pied au DVONE sur le coup de minuit.

Sur le trajet, il avait fait la rencontre de David dont les tatouages en couleur l’avaient fortement impressionné.

Tilly, les jambes flageolantes, continuait de fixer les cheveux bruns à ses pieds. La forme était sans nulle doute de sexe féminin mais son aspect inanimé n’avait en fait rien d’alarmant. Il s’agissait d’une poupée à taille humaine dotée d’une superbe perruque aux cheveux lisses et brillants. Elle était particulièrement bien façonnée, elle comportait des formes harmonieuses, une beauté humaine très crédible. Son visage aux yeux ouverts était régulier, elle était maquillée assez discrètement. La poupée était vêtue d’une robe à paillettes, autour de ses poignets de gros bracelets dorés brillaient. Elle était proprement fascinante. Tilly restait bouche bée. David lâcha son couteau et ne trouva rien d’autre à dire que :

– Salut, je suis David, je comprends que tu flippes mais ne crie pas.

Le corps du jeune homme sur le lit s’agitait quant à lui de plus en plus. Tony ravalait sa morve.

– Tilly… Julia m’a prêté sa chambre pour la semaine, si tu es d’accord bien sûr…

Tilly secoua la tête, haussa les épaules et du couloir :

– Je veux des explications, en attendant j’ai mon Mc Flurry qui fond !

LA SUITE

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2 Réponses to “S2 – épisode 3”

  1. Stef 4 septembre 2011 à 2:42 #

    Spéciale dédicace pour Tony!

    (il se passe un truc avec les bulles en ce moment non?!)

    • Vénus Rachais 12 septembre 2011 à 5:16 #

      Je crois que c’est certain 🙂
      Les bulles. Encore les bulles !

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