S2 – Episode 10

In and Out of…

De : julia.babyguill@hotmail.fr

A :  Tony W69

Envoyé le 6 novembre 2011

Objet : Re: Putain ! Qu’est-ce que tu branles ?

Hey Tony.

Je sais, je sais.

T’inquiète. Je suis un peu bourrée à l’heure où j’écris ça. Je vais sûrement le regretter un peu. Mais fuck. On s’est déjà vus tout nus, non ? (en fait, on s’est vraiment déjà vus tout nus ? Anyway, you see what I mean). Ah, en parlant de nus, faudra que je te raconte un truc.

Mais cette ville m’écrase, baby. J’y arrive pas. Just too much going on, you know.

Mais tu me diras, je n’y arrive pas à la Guill non plus.

Il fait si froid ici depuis le week-end dernier. Et l’alcool est si cher. Sauf dans les dive bar du Lower East side, mais il ne faut plus que j’y aille. J’ai trouvé une vidéo sur Youtube qui te donnera une meilleure idée de mes dernières semaines ici. Et qui expliquera mon silence un peu mieux que mes mots débiles de bourracha : http://youtu.be/oXT4k3hFUYg

Ça me fait chialer comme une gamine. Comme une connasse de gamine. Après tout, c’est un peu ce que je suis devenue. Plus je grandis, plus je suis conne. Pardon, je sais, c’est nase.

Je suis complètement incohérente.

Mais le truc de la gamine, ça m’intéresse, tu vois. En fait, je crois que j’essaie d’être une gamine. De faire en sorte que les trucs m’étonnent encore. Mais ça marche plus bordel. Je fais plus la différence entre Broadway et la rue de Marseille. Le monde coule sur moi.

J’ai besoin de me bourrer la gueule pour avoir l’impression de sentir quelque chose. Besoin de m’anesthésier de ce que le monde me dit de lui pour pouvoir enfin le voir.

Enfin, je me comprends…

Je vais pisser

Ok, j’aurais dû m’en douter… Je viens de gerber tripes et boyaux

Un petit regain de lucidité. Putain, je transpire. Too much Gin !!! L’écran me donne le tournis. Attends, je vais éclairer un peu la pièce et mettre un peu de zique. Pas trop fort, il est 4 heures du matin. Tiens, j’écoute ça : http://youtu.be/-PSsBdGQS2M

Ah oui, aussi, j’espère que j’ai pas le Sida. Je crois que j’ai pas vraiment pris de risque, hein. Mais bon. Ça m’angoisse. Comme la folie. Comme la menace de guerre, les bombes dans le métro, tout ça. Quand je me noie dans la foule à Time Square, je ne pense qu’à ça. Je me dis : ça y est, c’est la fin.

J’en ai ras le cul de plus rien comprendre à ce qui se passe. Je suis allée manifester avec les indignés l’autre jour. Occupy Wall Street. J’étais dans le troupeau bobos, intellos, artistico-indignatos. Je te raconte pas le nombre de martinis qu’il m’a fallu après pour oublier.

J’ai un problème de perméabilité en fait. Le dedans, le dehors, tout ça, ça tient plus. D’où les angoisses de virus j’imagine.

Ah oui, et les trucs du genre « vrais », « pas vrais », j’ai un peu de mal aussi. Par exemple, j’ai un peu de mal à savoir si l’expression « j’ai branlé Eric Balfour » sur un vol Air France est vraie. Je crois que oui. D’ailleurs, c’est bien sa voix sur son répondeur. Et sur mon répondeur, c’était bien la sienne. On verra demain si c’est un hologramme en face de moi. Je vais être super fraiche pour notre date.

Oh, tu sais, j’ai pas tant bu que ça. Mais qu’est-ce que je pleure ! Alors j’en profite. Désolé que tu serves de poubelle, hein ?

Et toi ? Attends, je reprends ton mail.

C’est quoi ce truc avec Vincent ? Attends, j’ai rencontré un mec ici qui le connaît (tu vois, le truc « vrai » « pas vrai », j’ai l’impression que c’est contagieux. J’espère que je te l’ai pas filé.

Oh écoute, ça va s’arranger. Vous êtes clairement – pardonne-moi d’être aussi directe – le couple pédé qui finit par être ensemble pour de bon. (Je vais certainement nier avoir dit ça dès demain matin, et je m’en voudrai beaucoup. Ça me donnera une excuse pour l’apéro du soir).

Putain, il a quel âge Diamond Rings ? J’aime pas les minets rainbows d’habitude, mais y’a un truc intéressant, non ? En tout cas, là, il m’émeut.

Bref.

Tilly ? Tilly a enfin baisé ? Wow ! ça me fait un peu peur, mais c’est pas trop tôt. Elle fait gaffe un peu ? C’est qui ce priape qui squatte chez nous au fait ? Si t’as des photos, balances !

Ben wé, on n’a qu’à Skyper !

Je vais vite cliquer sur envoyer, avant d’être tentée de relire, et je me connecte. Mais c’est quelle heure chez toi ? On verra.

Je t’embrasse. On va se retrouver, tu vas voir. On a juste besoin d’être un peu loin. Enfin, quand je dis on… tu me comprends.

Juliabourracha.

LA SUITE

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2 Réponses to “S2 – Episode 10”

  1. NicofromMadrid 8 novembre 2011 à 4:14 #

    Hola Vénus!!

    Juste un petit Tweet pour te recadrer dans l’espagnol dans le texte: c’est borracho et pas boUrracho.

    Et sinon, à part être super chiant avec l’espagnol, j’aime te lire depuis mon bureau au milieu de mes collègues.

    Keep going on ! Vitesse lyonnaise ou new-yorkaise, whatever! ♥

    • Vénus Rachais 12 novembre 2011 à 10:49 #

      Salut toi,
      bon d’accord pour ta leçon d’espagnol, mais je précise qu’il s’agit d’une sorte de mot valise qui mélange le français et l’espagnol d’où le « u » après le « o »… une licence poétique quoi ! Bref on s’en fout ! Merci pour ton message, ça fait plaisir !
      Je ne sais pas si j’aurais le temps de poster dimanche, ça s’agite un peu beaucoup là autour de moi…
      Je t’envoie des bises ensoleillées et piquantes.
      V.

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