épisode 38

Temps de lecture estimé : 6 min. 53

« LE POINT G. »

Samedi 22h38

Ce chapitre contient : des fessées – du cuir – un lapin

Ces endroits commençaient à le dégoûter. L’ambiance tamisée cachait souvent une absence affligeante de propreté. Le matériel mis à disposition manquait d’originalité et le service laissait souvent à désirer : il fallait souvent débourser beaucoup d’argent avant d’être considéré de façon plus ou moins chaleureuse par le personnel. Le « Tamina » ne dérogeait pas à cette règle. Cependant, ce qui constituait l’attrait majeur de ce club était la mixité affichée des sexualités à l’œuvre parmi les clients. Hétéros, gays et lesbiennes cohabitaient parfaitement et se faisaient fouetter et fesser les uns à côté des autres, voire les uns par les autres, se ligotaient, se pinçaient, se mordaient dans la tolérance la plus totale et ça faisait du bien dans cet univers interlope où les cases sont quelquefois encore plus étroites qu’ailleurs.
G. avait besoin de boire quelque chose, il avait la gorge sèche après avoir assisté à une très lente séance sado-fétichiste dans la salle décorée comme une cabine de paquebot. Le type gisait au sol, encore suffocant de plaisir. Il venait de se faire fouetter par une maîtresse en talons aiguilles. G. commanda une coupe de champagne au bar, son sexe tendu le brûlait. Il avait besoin de s’exprimer. Son désir le taraudait violemment depuis son échec avec Vincent. Une petite peur aussi serrait son ventre. Il se raisonna : rien ne pressait concernant cet éphèbe arrogant. Il savait parfaitement où Vincent habitait, il aurait tout le temps de venir le voir et de le soumettre à sa volonté. Avec succès. Il irait moins vite cette fois-là, il laisserait à la drogue le temps d’engourdir le jeune homme avant de l’amener au Cube. Cette erreur de timing n’était pas digne de lui. Il pressa sa main sur son sexe. Parfois, il le savait, son envie d’être dominé lui faisait perdre pied et la belle assurance de Vincent l’avait un peu désarçonné. Il passa sa langue sur ses lèvres et reprit une coupe. Soudain, il sentit une main sur sa cuisse. Un joli jeune homme le regardait avec intensité, il avait vraisemblablement bu plus que de raison. G. lui rendit son sourire et lâcha son sexe. Il avança sa tête vers les lèvres du jeune homme et engouffra sa langue coupée dans sa bouche. Le garçon se laissa faire dans un léger gémissement. Il ne devait guère avoir plus de dix-huit ans. G. se laissait à nouveau envahir par une rage de perfection qui le rendait délicieusement autoritaire.
– Comment tu t’appelles, mon tendre ?
– Erwan, répondit le gamin tendrement.
– Il se fait très tard, et l’ambiance d’ici commence à me peser, j’habite pas très loin d’ici, viens avec moi, tu vas découvrir des choses.
Le gamin ne se fit pas prier deux fois, il embrassa G. dans le cou. G. imaginait déjà toutes sortes de scénarios excitants, il ricana entre ses dents. Ils sortirent du « Tamina » dans la lumière du réverbère.

Derrière la porte verte au drôle de heurtoir, il y avait une grande cour mal entretenue où la végétation avait repris ses droits sur le béton. Erwan s’extasiait de trouver un tel espace en pleine ville. Au fond de la cour, G. souleva une grille, puis une porte en bois avec plusieurs serrures.
– Waouh ! Mais c’est Alcatraz ici ou quoi ? commenta Erwan, impressionné.
– C’est ma cache secrète, mon lapin. C’est mon donjon ! Entre !
G. le poussa à l’intérieur en lui pinçant les fesses avec vigueur, Erwan eut un petit cri excité.
– Je veux t’attacher ! Désape-toi et grimpe dans la baignoire.
Le jeune homme s’exécuta immédiatement. G. revint avec de la grosse corde rouge. Savamment, lentement, il ligota le gamin. D’abord, les bras dans le dos, puis il entrecroisa la corde sur son buste, il serra fort pour qu’Erwan sente la corde glisser sur ses tétons, il soupirait d’aise et bandait ardemment. G. restait concentré, il continua en écartant les jambes du jeune homme, la corde coulissait entre l’aine et la fesse puis G. coucha Erwan sur le ventre au fond de la baignoire. Il lui releva le menton et lui ficela les chevilles sur la corde qui enserrait ses fesses. Le gosse gémissait comme un beau diable en sentant les cordes pénétrer ses chairs à vif. Son sexe lui faisait mal, il cognait dur contre la paroi froide de la baignoire. Alors, G. le laissa un instant et fit descendre du plafond un crochet dans lequel il fit glisser la corde rouge. Il tira et le gosse se souleva à peine, la sensation d’être tracté lui révulsait les yeux de plaisir, il était tout prêt à jouir. G. le souleva un peu plus haut encore, le gamin n’avait plus que le genou gauche en contact avec la baignoire, G. coinça la corde pour que le jeune homme reste suspendu et saisit son appareil photo. Il mitrailla sa proie sous tous les angles. Longuement. Erwan commençait à trouver le temps un peu long, son sexe mollissait.
– Hey ! C’est très bon mais il faut que tu me descendes maintenant…
– Pas encore…
– Non, je n’en veux pas plus, tu comprends ?
– Ah ouais ? Tu crois ?
– Tamino !
Tamino était le mot d’ordre habituel employé au sein du club pour cesser tout acte sadique sur quelqu’un, c’était la barrière, le sésame qui disait que la souffrance dépassait le plaisir.
– On est chez moi là, trésor, Tamino ça ne marche pas ici chéri ! Je sais que tu en attends d’avantage !
– Non, je veux redescendre !
– Ma petite chose, j’ai des gens à te présenter avant tout ! Attends-moi là, je reviens…
G. lui envoya un baiser avec la main et s’éloigna derrière l’écran qui cachait le mur du fond. Erwan criait. Cela excita G. encore plus. Il revint quelques minutes plus tard, entièrement nu sous une blouse blanche. Son sexe dressé avait un drôle d’aspect, une couleur bien trop pâle pour l’excédent de sang qui semblait affluer à cet endroit et une rigidité qui semblait factice. Il tenait à la main de larges clichés radiographiques qu’il mit sous le nez d’Erwan.
– Voilà les radios de certains de mes amis qui m’avaient demandé de leur rendre quelques services chirurgicaux. Là, c’est la colonne de Gédéon, tu vois ici et là je lui ai greffé de petites ailes de corbeaux, il était fasciné par ces oiseaux. Là, c’est son bassin après que je lui ai coupé les jambes, il fallait les rétrécir et lui greffer de plus petites pattes, tu as déjà vu un corbeau avec des jambes d’un mètre dix ? Ça, ce sont les pieds et les mains de Reuben, on ne peut pas être une femme et avoir de tels mains et de tels pieds, tu ne crois pas ?
G. laissait tomber les clichés par terre au fur et à mesure de ses explications, puis il ouvrit une enveloppe blanche qui contenaient cette fois-ci des photos de corps mutilés, sanguinolents attablés autour d’une dînette d’enfant. Erwan ne criait plus, hypnotisé par l’horreur qu’il avait devant les yeux, la corde rouge le cisaillait encore et encore. Sa respiration se faisait difficile. G. reprit :
– Ça, ce sont nos petits moments privilégiés, là c’est une amie géniale, Griselda, ah ! Griselda ! Avant de me connaître, c’était un pauvre mec qui avait une âme de femelle. Je l’ai révélé à elle-même. Je lui ai sectionné le pénis et je lui ai greffé une queue de félin, pour qu’elle devienne une vraie petite chatte ! Astucieux, n’est-ce pas ? J’ai aidé tellement de ces gens qui n’étaient pas satisfaits de leur zizi ! Ils croyaient seulement changer de sexe mais moi je les faisais devenir des totems dédiés à Natura. Félix, Coppélia et tant d’autres, et mon amour…
À ce moment là, sa voix se brisa, quelques larmes coulèrent sur ses joues, comme à lui-même il dit
– Je te retrouverai bientôt mon amour, je suis tout près de toi !
G. planta ses lèvres sur celles glacées d’Erwan,
– Tu lui ressembles un peu mon petit lapin, je veux faire quelque chose de beau avec toi pour pouvoir lui montrer quand je l’aurai retrouvé, pour que mon amour voit de quoi je suis capable, c’est beau hein ? Dis donc, tu m’as l’air tout faiblard ! ricana t-il en tripotant les joues d’Erwan et en sortant un scalpel de sa poche, je vais devoir m’occuper de toi. Heureusement que tous mes amis m’appellent docteur !

 

La suite…

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