épisode 37

Temps de lecture estimé : 4 min. 34

« I WANT TO DANCE WITH MADONNA »

Samedi 19h54

Ce chapitre contient : de la musique – du space-tea – des kilomètres – boys

 

– On n’a plus beaucoup de temps devant nous, Vincent Sweety!, s’énervait Bruce devant la nonchalance du jeune homme face à la délicate mission à haute teneur en sex-appeal qui l’attendait.
– T’inquiète pas Bruce, je sais faire ce genre de trucs
Wait ! C’est pas la même chose de se désaper devant ton boyfriend dans ton salon et de le faire en musique sur un crazy rhythm ! En plus, le client est Mister Lagios, ajouta-t-il en chuchotant, un VIP ! Il faut que tu assures, mon chou !
– Mais je ne vois même pas comment tu peux douter de mes compétences en matière de strip-tease ! C’est moi qui ai tout appris à Tony !
You’re a liar ! It’s ME, ME !, s’exclamait, outré, le patron du Saint-Phalle quand un type d’une quarantaine d’années vêtu d’un costume en velours marron poussa la porte du Saint-Phalle.
It’s closed, fermé, fermé ! le rembarra Bruce, Allez zou, come back later !
Le type haussa les épaules et ressortit dans la rue.
– Bon, let’s try again ! On refait un essai !
Il appuya sur la touche Play du poste et Vincent commença – non sans talent –  à se tortiller sur un beat trip-hop à la Massive Attack assez envoûtant. Bruce scandait les mouvements avec la tête et se mit à onduler son énorme corps adipeux.
Keep the rhythm ! Regarde moi comme je danse ! One two three – Tête – One two three – Booty shake ! Allez darling ! Watch me !
Vincent éclata de rire, ce qui eut l’effet étonnant de renforcer la confiance de Bruce. Il redoublait de coups de tête à droite et à gauche, il écartait les jambes et caressait sans complexe ce qui s’apparentait à son torse.
It is important de faire des choses avec ton visage like this.
Il passa sa langue sur ses lèvres charnues dans une attitude lascive assez répugnante. Vincent pleurait de rire à présent, effondré sur le comptoir du Saint-Phalle.
– Tu me tues Bruce ! Tu es absolument génial ! Sexy, j’en sais rien, mais tu mérites qu’on te fasse un gros câlin !
Bruce s’immobilisa enfin et coupa le son.
Stop babe ! Je sais que tu veux mon corps mais c’est toi qui dance tonight !
Il farfouilla quelques instants derrière le comptoir et lança à Vincent un tube d’huile pour le corps effet « bronzage à Ibiza ».
– Mets ça sur tout le corps now ! Si tu attends trop après ça colle partout !
Vincent se retrouva en slip dans l’arrière-salle.
– Tu sais quoi Bruce ? Je ne vais pas te décevoir ce soir, aucun mec n’a encore résisté à mes strip-teases !
Don’t forget le string sous ton jean !
– Ok !
Vincent se désapa complètement et enfila de la façon la plus naturelle du monde un string noir pailleté tout en s’enduisant d’huile corporelle. Bruce déglutit bruyamment en touillant de façon compulsive sa petite cuillère dans sa tasse de tisane.
– Elle est à quoi ton infusion ? Y aurait pas un peu d’herbe là-dedans ?
Bruce hocha la tête et lui servit une tasse.
– Ce space-tea, ça risque pas de trop me détendre…?, demanda Vincent en montrant son entrejambe.
No !
– Écoute ! Hier, j’avais rencard avec un mec un peu bizarre et autant te dire que le côté mou du genou c’était pas vraiment un problème pour lui, il avait une queue mais une queue… un truc énormissime ! Et pourtant, dieu sait que j’en ai vu et sucé des kilomètres de bite ! Regarde !

Toujours en string, il dégaina son portable à écran tactile.
– Tiens ! Je peux rien faire, j’ai trop d’huile sur les mains ! Va dans le fichier images intitulé « boys ».
Bruce faisait défiler les photos et Vincent les commentait :
– Farid : 30 ans, maître de conf à la fac, coincé du cul mais bon suceur entre deux cours / Loïc : pas plus de 20 ans, un de mes anciens élèves, poilu comme un singe mais affectueux comme un caniche / David : 32 ans, yogi amateur, idéal pour expérimenter des positions inédites / Marvin : 25 balais, Irlandais en Erasmus, erreur, hétéro refoulé / Julian : 29 ans, une bombe au pieu, inépuisable et des couilles d’une douceur…Hum / Ah ben voilà G., le chevreuil d’hier ! T’as vu l’engin !

Bruce lâcha sa tasse. Le liquide brun se répandit sur le carrelage de l’arrière-salle. Un bruit sourd envahit son cerveau, ses mâchoires se crispèrent, son cœur cognait contre sa poitrine. Ce regard ! Bruce avait immédiatement reconnu le regard de ce fils de pute.

– Eh ben, il t’a fait un sacré effet mon freaky boy !
Where ? When ? Où et quand tu as pris la photo ?
– Hier, je te dis. Le mec est une sorte d’artiste performer photographe. On était dans son atelier. Il appelle ça son « Cube ». C’est situé pas très loin d’ici… Plus vers Jean Macé derrière la voie de chemin de fer.
Bruce sortit un plan de Lyon et demanda à Vincent de localiser précisément l’atelier de G. Vincent s’exécuta, surpris par l’attitude de Bruce. Le patron du Saint-Phalle semblait en proie à une effrayante rage sombre.
La sonnette retentit. Il était 21h.
– M. Lagios ! Go sweety ! Va dans la cabine !

La suite…

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