épisode 34

Temps de lecture estimé : 5 min. 02

« ENCORE RATÉ ! »

Samedi 12h05

Ce chapitre contient : une armoire à pharmacie – un  stéthoscope – une chemise d’hôpital

 

Une surprise attendait Karki dans son bureau. Ou plus précisément, sur son bureau. Assis en tailleur, sourire aux lèvres, plus beau que jamais, Vincent trônait. Karki, les yeux écarquillés, balbutia :
– Bonjour, qu’est-ce que vous faites dans mon bureau ?
Vincent entrouvrit sa chemise d’hôpital.
– J’ai un gros bobo que je voudrais faire soigner, vous pouvez m’aider ?
Karki se demandait ce qu’il avait pu faire de bien pour mériter ça.
– Bien sûr que je peux vous aider, mais on se connaît ?
Vincent enleva la tenue de malade et se retrouva en maillot de bain.
– Je me disais que dans cette tenue, tu me remettrais. Alors, tu me remets ?
– Avant de te remettre, il faudrait peut-être que je te mette tout court non ? !
Oh my God ! Tu fais des doublages de films de cul le week-end ? J’adore !
Karki ferma la porte à clef.
– T’as peur que les voisins en profitent ?
– Y a pas mal de passage ici. On sera plus tranquilles comme ça.
Karki se dirigea vers la petite pharmacie qui contenait la dose d’aphrodisiaque qu’il avait pour habitude de distribuer à ses « conquêtes ». Mais il n’eut pas le temps de l’atteindre. Vincent, qui l’avait pris par la taille, lui embrassait le cou. Plaqué contre le dos de Karki, il faisait courir ses mains sur sa poitrine. Il emmena le docteur sur la banquette.
– Aujourd’hui c’est moi qui t’ausculte.
Karki, un peu mal à l’aise, se laissa faire. Vincent l’allongea, et joua avec le stéthoscope. Il défit les boutons de la chemise du docteur et écouta.
– Si j’en crois le raffut que ça fait là dedans, je dirais que soit tu es stressé, soit je te fais de l’effet.
– À ton avis, c’est quoi la bonne réponse ?
Vincent lui mit la main au paquet.
– Sans vouloir te vexer, j’ai l’impression que c’est plutôt la première solution finalement…
– Attends, ça va venir, je suis un peu surpris, c’est tout.
– Détends-toi, je vais t’aider.
Vincent ôta son maillot de bain et ouvrit la braguette de Karki. Boblepervers serait déjà mort d’une rupture d’anévrisme s’il avait été témoin de cette scène.
Mais Karki gardait les yeux vers sa foutue pharmacie et faisait mine de vouloir y accéder.
– Alors docteur, on veut s’échapper ?
Vincent eut du mal à cacher sa déception lorsque sa main saisit le docteur là où le docteur avait déjà saisi Vincent.
– Hé mec, t’es impressionné ou quoi ?
– Merde, je suis désolé, je suis au taf là, tu me prends de court, mais laisse-moi accéder à la pharmacie, et je suis à toi. Fermement.
– Dis-donc papy, on peut plus bander sans Viagra ?
– T’es con, c’est pas du Viagra.
Vincent devait s’avouer qu’il était vexé.
– Laisse tomber, doc, je te fais pas bander, on va pas en faire un sketch. Ciao.
– Non attends, tu m’excites, j’ai juste besoin d’un petit coup de pouce pour me lancer.
Vincent remit son maillot de bain, sa tenue de malade, et se dirigea vers la porte.
– Où est la clef ?
– Non attends, je t’assure, je vais juste…
– Où est la clef bordel !? Si tu ouvres pas tout de suite, je raconte à tout l’hôpital que t’essaie de violer tes patients.
Karki fut le seul à saisir l’ironie de la phrase. Il ouvrit la porte et laissa partir le plan cul le plus consentant de la journée.
– On se reverra à la piscine, docteur Folamour !

Tony lisait le premier tome de Millenium quand Vincent fit son entrée.
– Mais Vincent, qu’est-ce que tu fous en chemise de nuit d’hôpital ? C’est un nouveau fantasme ?
– Putain, m’en parle pas. Je sors de la consultation tant attendue !
Tony avala sa salive et son regard s’assombrit.
– Ah bon ? Alors, c’est un bon coup, le psy ?
– Que dalle !
– Tu dis ça pour me faire plaisir ?
– Non pourquoi ?
Tony rougit. Ce qui n’échappa pas à Vincent.
– Ben en fait, je le fais pas bander, le docteur.
– Tu déconnes ?
– Ah, toi aussi ça t’étonnes ?
– C’est pas la modestie qui t’étouffe, mon salaud.
Ils pouffèrent tous les deux.
– Qu’est-ce que t’as Tony, t’as l’air tout patraque. C’est la littérature du nord qui te mets dans cet état ?
– Non…
– Mais dis-moi !
– En fait, je suis un peu emmerdé pour ce soir.
–  Quoi ce soir ?
–  Je devais bosser pour Bruce. Y’a un client vachement important. Si on annule, ça fait perdre du blé, et bon, il roule pas vraiment sur l’or le Brucie. Et il est réglo tu vois, il paye bien ses danseurs, donc ça me fait chier pour lui.
Vincent retrouva le sourire qu’il avait avant l’épisode « docteur mou ».
– Pourquoi tu souris comme ça ? Ça craint vraiment je trouve.
– Je souris parce que enfin, j’ai une bonne excuse pour réaliser ce fantasme !
– Quoi ?
– Ben je te remplace !
– Non. Arrête tes conneries.
– Attends, tu me crois pas capable d’exciter les pédés honteux du 7e ?
– Si, si.
Tony rougit à nouveau. Il réfléchit quelques instants et retrouva un peu le sourire.
– OK, j’appelle Bruce. C’est à 21H, et faut assurer.
– Je ferai de mon mieux. Je te garde la cassette ?
– Avec plaisir.
– Je vais assurer comme une bête, baby.
Vincent embrassa Tony sur la bouche et fit une sortie théâtrale. Jeu de jambes du lido, clin d’œil, signe baroque de la main. Tony hésitait entre le rire, la frustration, la tendresse et la dépression. Il se replongea dans Millenium.

La suite…

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