épisode 25

Temps de lecture  estimé : 4 min.

« LES HOMMES EN BLANC »

Samedi 01h07

Ce chapitre contient : des petits moments de honte, des explications, des couloirs blancs

Honey ! Cutie Tony ! Brucie is coming !
Dans le vacarme ambiant du hall des urgences, Bruce, essoufflé comme tout, ne savait pas vraiment où donner de la tête. Des femmes et des hommes en blouse blanche défilaient devant lui avec l’air hyper concentré de ceux qui sauvent des vies. Deux vieillards aux bras bandés le fixaient allongés sur leur brancard. Un jeune homme d’une maigreur effrayante était recroquevillé par terre, il tremblait de la tête aux pieds. Un brancard arrivait, on s’affairait autour du blessé, du sang coulait de sa tête. Un autre vieillard éructait sur un banc, il sentait le vin et le vomi. Abasourdi par ce tableau de la misère humaine, Bruce s’écroula sur une chaise qui se brisa net sous son poids. Une jeune infirmière, qui retenait maladroitement un fou rire, sortit de derrière la banque d’accueil et s’approcha de lui.
– Monsieur, vous allez bien ? Elle l’aida à se relever. Vous semblez en était de choc, est-ce que je peux vous aider ?
Bruce se massait le postérieur.
Oh darling, je cherche mon Tony chéri ! On m’a appelé… la police, chuchota-t-il à l’oreille de l’infirmière qui se recula instinctivement.
– Ah, je vois, répondit-elle rapidement. Suivez-moi Monsieur, on a installé tout le monde dans la chambre 117.
Elle poussa deux portes battantes anti-feux. Il trottina derrière la jeune femme qui le conduisit dans un dédale interminable de couloirs blancs. Il remarqua au sol des autocollants de diverses couleurs en forme de pieds : le parcours bleu menait en radiologie, le parcours vert en stomatologie, le parcours jaune en oncologie, bref rien que des chemins semés d’angoisse. Bruce frissonna, il tâchait d’inspirer par la bouche, incommodé par l’odeur typique des hôpitaux. Il était définitivement en sueur quand ils atteignirent la chambre en question.
– Je vous laisse ici, j’ai du travail, bon courage.
L’infirmière s’éloignait déjà. Bruce jeta un coup d’œil à travers la porte. Il distingua à travers la vitre opaque, deux formes masculines en uniforme et ne put s’empêcher d’esquisser une forme de sourire, puis il lui sembla reconnaître son Tony allongé dans un lit, une perfusion au bras. Il poussa la porte et se précipita vers son danseur préféré.
Tony Honey, what happened ?
Tony ouvrit les yeux laborieusement. À l’entrée de Bruce, un des deux policiers en uniforme siffla entre ses dents en faisant entendre une remarque du genre : « Mate-moi ça mon pote! Putain le morceau ! Une tata obèse maintenant, il manquait plus ça ! »
– Ferme ta gueule, Jullois ! asséna l’inspecteur divisionnaire Mondini en civil, tu sais avec quoi ça rime Jullois ?
– Non chef.
– Avec putois.
L’autre policier en uniforme ricana. Jullois se dandinait d’un pied sur l’autre en affectant un sourire de façade. Il haïssait son supérieur d’une haine farouche et sans limites que lui rendait bien Mondini. Ce dernier se présenta à Bruce qui suait de plus belle.
– Inspecteur divisionnaire Mondini. Vous êtes qui ?
– Je, je suis l’ami de Tony, enfin en tout bien tout honneur, as you say, en fait je suis son boss, Tony travaille pour moi.
– C’est qui Tony ?
Bruce, interloqué par cette dernière question, lança ses multiples mentons en direction du lit.
L’inspecteur Mondini se tourna vers Tony.
– Vous n’avez pas dit ça comme nom ?
Tony renifla comme il put, ses deux narines étaient obstruées par du coton imbibé d’une crème qui permettait de limiter l’écoulement sanguin,
– Tony, c’est mon pseudo depuis que je bosse au Saint-Phalle, répondit-il faiblement.
– C’est quoi le Saint-Phalle ?
– Ma boutique, intervint Bruce.
– D’accord, nota Mondini, une boutique qui vend quoi ?
Joy ! suggéra Bruce.
– Je ne comprends pas l’anglais, Monsieur… c’est quoi votre nom déjà ?
– Sorry… Je m’appelle Bruce Allen, A.L.L.E.N as in  Woody !
– Bon, Monsieur Allen, vous vendez quoi ?
– Du rêve, du fantasme, du plaisir !
– C’est un sex-shop branché de la rue Sébastien Gryphe , intervint l’autre policier.
Il y eut un bref silence.
– Alors Tufier, on reste à l’affût de la nouveauté ? Bon, Monsieur Allen, vous allez me suivre, on va s’installer dans le couloir pour procéder à la vérification des dires de Monsieur Tony, lança Mondini en faisant un petit clin d’œil à Tony sans une once de sourire dans la voix. Tufier, tu restes au chevet de la demoiselle, moi je vais interroger la maman, quant à vous Jullois, allez donc nous chercher des cafés.

La suite…

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