épisode 13

Temps de lecture estimé : 3 min. 47

« SSSSS… »

Vendredi : 20h55

Ce chapitre contient du sang-froid – de l’eau de Cologne – et un super pantalon H&M

Il baissa les stores en se frottant les mains qu’il avait glacées quelle que soit la saison, l’heure du jour ou l’émotion qu’il ressentait. Un animal au sang froid. Il sourit au souvenir de sa mère qui lui disait en tremblant : « Tu es un cobra, mon fils, capable de mordre ta propre mère et de l’empoisonner à petit feu. »

Je suis un gros serpent à poil ! Il rit en se dirigeant vers la salle de bain. L’heure de sa toilette du soir arrivait. Sous le néon bleuté, il considéra de la façon la plus neutre possible son visage blanc dans la glace. « Caucasian male » disaient les rapports du FBI concernant son profil de fou sanguinaire à la classe internationale. Ses crimes avaient, en effet, dépassé toutes les  frontières. Limites instaurées pour canaliser le commun des mortels et non pas un homme-dieu, un homme-totem comme lui, un homme-serpent !

Son visage à la peau fine était très régulier, ses pommettes nettement relevées par deux implants assez discrets. Quelques vaisseaux bleuâtres transparaissaient autour de ses yeux verts. Il passa une main sur son crâne rasé à blanc. Puis il entreprit de mettre ses lentilles blanches avec une fente noire qu’il avait dégoté dans une stupide boutique gothique au bout de la rue de la Lanterne.
Il s’empara de sa pince à épiler pour éliminer la repousse éventuelle de ses cils et sourcils. Il saisit un crayon khôl noir et dessina le contour de son œil de façon à étirer au maximum sa forme en amande. Il inspecta ses ongles en pointes, lima avec précision l’annulaire de la main droite qui menaçait de s’effriter. Il déposa quelques gouttes d’eau de Cologne au creux de son cou comme à son habitude depuis 35 ans. Il aimait terriblement cette petite odeur d’enfance. Il tira la langue taillée en deux parties et ajusta son nouveau piercing blanc. Il lui faisait encore un peu mal mais le léger chuintement qu’il provoquait sur son élocution le réjouissait particulièrement.
Dans sa chambre au sol carrelée en noir, comme tout l’appartement du reste, il resta un instant dubitatif devant sa penderie, hésitant sur la tenue adéquate à adopter ce soir. Le bar d’hôtel dans lequel il avait rendez-vous n’était pas spécialement connu pour être select mais une certaine élégance était requise. Il opta finalement pour un costume noir près du corps et une chemise vert de gris.
Habillé, il se trouva séduisant et se caressa doucement le torse devant sa psyché. L’excitation le gagnait. Il avait hâte de rencontrer le fameux Vincent avec qui il avait échangé de gentils e-mails. Les photos du jeune homme lui semblait prometteuses. Ses centres d’intérêts présageaient une soirée agréable en compagnie d’un bobo sportif et intelligent.
Par superstition, il lui fallait jeter un œil sur sa collection d’yeux en bocaux, de langues en plexiglas et de mains empaillées. Ses trophées le rassurait et contenait son idée de la beauté du monde. Il referma l’armoire en métal du dressing et la verrouilla. Il glissa la clé dans le vase en porcelaine chinoise du vestibule. Avant de quitter son appartement, il empocha son matériel à découper.
Quand il claqua sa porte d’entrée, il se sentait sûr de lui, beau. Il se savait étrange, mais quel meilleur camouflage pour un serpent que de se déguiser en serpent ? C’était suffisant pour tous de le juger sur son apparence, personne ne se doutait que son âme était aussi tranchée que sa langue.

Vincent venait d’envoyer un mms à Tony où il se prenait en photo à bout de bras avec son portable pour lui montrer sa tenue du soir : un t-shirt blanc avec un super pantalon H&M en lin marron. Son ami approuva immédiatement : « Tu déchires ! Fonce ! En +, le guy est cool et bizarre, il doit assurer au pieu ! ».
J’espère, se dit l’infortuné Vincent en enfilant sa veste en jean.

La Suite…

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3 Réponses to “épisode 13”

  1. Mireille Mouille 29 août 2010 à 10:10 #

    Enfin ya aut chose qula fête des lumières et Jean Michel Jarre et le défilé de la biennale de la danse avec des colliers en papiers mâchés et des sarouels en crépon qui spasse dans cte Ville! On moins ça smoque pas de nous , ça c’est la vraie vie ! Bravo Vénus machin, j’attends la suite comme j’attend mon docteur ….sans culotte!
    Roulez jeunesse et faites nous bander!

  2. SPO 3 septembre 2010 à 9:08 #

    milo. vénus milo

    • Vénus Rachais 4 septembre 2010 à 9:34 #

      Nan ! Rachais, my name is Rachais…
      et une vodka martini au shaker s’il vous plaît, pas à la cuillère !

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