épisode 1

Temps de lecture estimé : 3 min 05

« LA ROUTE DU PARADIS »

Vendredi 16h30

Ce chapitre contient : un frigo – Ah ah ah – une drague molle – la dette

Le vendeur de Darty aurait dû s’en rendre compte mais obnubilé qu’il était par les seins de Julia, il ne voyait pas qu’elle n’avait pas les moyens de s’acheter ce frigo. On leur apprenait pourtant dans des séminaires de formation comment repérer le client qui vient là juste pour voir, qui vous emmerde avec plein de questions hyper chiantes mais qui n’achète rien. À croire que ces clients sont envoyés par la direction pour vérifier qu’on connaît bien la came. Julia posait des questions hyper chiantes mais comme elle était bandante, elle n’était pas chiante. Injustice totale pour les moches.
–  Si vous vivez seule, c’est le frigo qu’il vous faut ! lança-t-il.
Oh le lourd… Oh la fausse question déguisée, il n’aurait pas pu s’y prendre plus mal sauf en lui demandant si elle vivait encore chez ses parents.
– Oui,… mais je mange beaucoup, ah, ah, répondit-elle en riant trop fort pour lui faire sentir qu’il est con, là.
– Dans ce cas, peut-être qu’il est trop petit ? s’enfonça-t-il, et d’ailleurs vous le mettez où, tout ce que vous mangez ? s’embourba-t-il davantage en la regardant d’un air censé être flatteur et qui, en fait, était tout simplement dégueulasse.
– D’habitude, je me mets trois doigts dans le gosier mais si tu continues à te tordre le cou sur mes nichons, je vais gerber toute seule comme une grande ! finit-elle par lâcher.
Sa sortie fit l’effet d’un pet sonore qui vient réveiller une assistance au bord du sommeil au théâtre des Célestins. Elle le laissa là et tourna les talons.
Merde ! se mordilla-t-elle les lèvres, j’y suis peut-être allée un peu fort…
Cette expédition chez Darty aura de nouveau été un échec. Elle ne pouvait rien se payer. Elle était une putain de pauvre fille ou plutôt une putain de fille pauvre, ou les deux qui sait ? C’était trop déprimant de se poser la question tout le reste de la journée. Elle décida de passer un petit coup de fil à Daniel, histoire de se conforter dans ses malheurs. Elle entendit :
– Je ne suis pas là, bande de nazes, ne rappelez que pour me rendre le fric que vous me devez …
Putain, elle lui devait une fortune ! Paniquée, elle raccrocha.
Une seconde plus tard, connaissant sa propension à l’hallucination, elle recomposa le numéro de Daniel. Elle entendit cette fois-ci :
« Je ne suis pas là et c’est dommage, rappelez vite, on pourra discuter… »
Elle avait bel et bien psychoté… Sa phobie des messages téléphoniques l’empêcha d’articuler un traître mot. Elle raccrocha à nouveau.
Quelques secondes plus tard, son portable vibro-chanta l’air de Mission impossible… C’était Daniel !
– Allo ?
– Salut Julia, j’ai vu que tu venais d’essayer de me joindre…
– Je… J’appelais pour te dire que j’avais le fric…
– Ah. C’était pas urgent…
– Ben si, je n’aime pas avoir des dettes, alors je me disais que comme j’avais touché un peu de blé…
– Oui. Mais tu as le temps, Julia.
– Hum, hum, mais on pourrait se voir ?
– Oui, oui, avec plaisir !
– Ça te va 20h30 au Paradis ?
– Au Paradis, à 20h30. Ok !
– Ciao Daniel. Et merci encore, hein pour l’avance…
– De rien, c’est pas un problème. Enfin, je veux dire… Au revoir Julia.
Pour Daniel, l’argent n’était effectivement pas un problème. Il n’avait qu’un seul défaut, Daniel : son gros paquet de fric.
Mais t’es vraiment la dernière des connes, ma pauvre fille ! Qu’est-ce que tu vas inventer ?
Il fallait qu’elle trouve un moyen de collecter 1000 € en un peu moins de quatre heures.

(lire la suite)

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